Se jeter en bas sans savoir ce qui amortira la chute

Il y a un mois, je traversais le Canada à bord de ma Yaris.
C’est beau le Canada.
C’est long aussi.
J’avais envisagé la chose d’un bon côté, en me disant que ça allait me permettre d’avoir du temps pour moi, que j’allais pouvoir écouter tout ce que je voulais. Croyez-moi, j’en ai eu du temps pour écouter des affaires pis j’en ai eu du temps pour moi entre Québec et la Colombie-Britannique!

Avant de parcourir ces 4 216 km cependant, j’ai entendu des affaires moins l’fun pour les oreilles qu’Emmène-moi et I drove all night… Des affaires tristes qui m’ont fait douter de moi. C’est souvent avant des moments décisifs comme ceux-là qu’on se fait encourager, mais aussi défaire; que notre confiance en nous et en la vie est ébranlée. Déjà que la peur était bien présente parce que je me jetais dans le vide sans trop savoir ce qui m’attendait réellement en bas, le doute a pris le dessus puis cette question s’est mis à résonner dans tout mon être : me jeter en bas ou ne pas me jeter?

J’ai essayé, tant bien que mal, d’être positive. J’ai alors pensé à cette amie décédée du cancer quelques mois plus tôt qui m’avait dit qu’il fallait profiter de tout et ne pas passer à côté des choses qui se présentaient à nous. Puis j’ai écouté et lu en boucle de You’re a Badass (un très bon livre soit dit en passant) et j’ai réussi à me convaincre que j’en étais moi-même une, que de sauter à pieds joints était la meilleure chose à faire, peu importe la conclusion de cette histoire, parce qu’on n’a qu’une seule vie à vivre.

Source : Giphy

Je savais dans mon cœur qu’il fallait y aller, même si j’avais la chienne. La grosse chienne sale parce que je partais rejoindre quelqu’un dans un endroit où je n’avais pas de famille, pas d’amies, pas de travail, pas tout ce qui m’était familier. J’allais me retrouver sans aucun repère et devoir me créer une nouvelle vie. Ça m’était arrivée lorsque que j’avais décidé d’aller vivre à Montréal, sauf que c’était à 2 h de voiture de Québec, et non à 4 jours…

On a toujours la réponse en nous. Je suis sortie de ma zone de confort. Parfois c’est difficile, voire déchirant, parce que j’ai laissé des personnes derrière moi. Jusqu’à preuve du contraire, on ne vit cependant qu’une fois, et vaut mieux la vivre sans regrets cette vie. Si j’avais écouté toutes ces paroles choquantes, je serais à cette heure-ci à Québec, sûrement avec les mêmes questionnements que j’ai eu pendant ces nombreuses années. Même si c’est parfois difficile parce que je n’ai pas ma famille, pas mes amies, pas de travail… je suis heureuse d’avoir écouté cette petite voix en moi d’avoir conduit pendant 4 jours foncé.

Même si ce n’est pas toujours facile, je vous encourage vraiment à VOUS écouter, et à sauter à pieds joints dans cette aventure ou cette relation à laquelle vous pensez depuis trop longtemps.